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Cahier fourrage · foin & séchage en grange · juillet 2026

La revue du séchage doux

Séchage Plantes Solaire

PPAM, aromatiques & cultures du sud — garder la couleur, garder l'arôme

Foin · regain · luzerne · séchage en grange

Séchage solaire du foin et du fourrage en grange.

Un foin rentré trop humide chauffe, moisit et perd sa valeur ; rentré trop sec sur le pré, il s'effeuille et laisse ses feuilles — les plus riches — au sol. Le séchage en grange par ventilation solaire déplace la fin du séchage sous le hangar : on rentre plus tôt, on finit à l'abri, et on garde un fourrage vert, feuillu et sain. À la clé, une meilleure valeur alimentaire et davantage d'autonomie.

Rentré plus tôt
moins soumis aux orages
Feuilles gardées
là où sont UF et protéines
Sans moisissure
foin sain, stockage stable
Autonomie
moins d'achats de correcteurs

Sur le foin, la valeur se joue à la récolte et au séchage. Un fourrage riche part d'une herbe fauchée au bon stade, mais tout peut se perdre entre l'andain et le stockage : pluie, effeuillage, échauffement. La ventilation solaire en grange sécurise cette dernière ligne droite.

Le problème du foin trop humide — et du foin trop sec

Rentré au-dessus du bon palier d'humidité, le foin fermente et s'échauffe : moisissures, poussières, perte de matière, et dans les cas extrêmes un vrai risque en meule. Mais séché à l'excès sur le pré pour l'éviter, il s'effeuille au pressage : les feuilles — la fraction la plus riche en protéines — tombent au sol. Le séchage en grange résout ce dilemme : on rentre un fourrage encore un peu humide, feuillu, et on termine le séchage à l'abri, en ventilant.

ComprendrePertes, moisissures et valeur alimentaire

La qualité d'un foin se mesure à sa valeur alimentaire — exprimée en UF (unités fourragères, l'énergie) et en teneur en protéines (MAT). Trois mécanismes la font chuter au séchage classique :

Le compromis que résout la ventilation en grange

Rentrer assez tôt pour garder les feuilles et échapper aux orages, mais finir le séchage à l'abri pour éviter la moisissure et l'échauffement. C'est exactement ce que permet un séchage ventilé sous hangar : la dernière tranche d'humidité part au séchoir, pas sur le pré ni dans la meule.

« Le foin qui a moisi ou qui a laissé ses feuilles sur le pré, aucune vache ne le valorise. Toute la valeur du fourrage se joue là. »

Paroles d'éleveurs
Fourrage et matière entreposés dans un hangar agricole avant séchage ventilé
Sous le hangar, le fourrage rentré plus tôt finit son séchage à l'abri des intempéries, ventilé à basse température.

Le procédéLa ventilation solaire en grange, étape par étape

  1. Fauche et rentrée précoce

    On fauche au bon stade et on rentre le fourrage encore un peu humide, avant qu'il ne s'effeuille sur le pré et avant les orages. La feuille reste sur la tige.

  2. Chargement en cellule ou en case

    Le foin est stocké en vrac ou en balles sur un caillebotis ventilé, sans tasser à l'excès : l'air doit pouvoir traverser toute la masse.

  3. Air chaud solaire, basse température

    La chaleur captée en toiture tempère l'air soufflé au travers du fourrage. Un air modérément réchauffé et sec extrait l'humidité en continu, sans cuire la matière.

  4. Descente suivie jusqu'au foin stable

    On ventile jusqu'à un foin sain qui se conserve sans échauffer ni moisir. Le pilotage ajuste le soufflage selon l'hygrométrie du jour.

Le gainQualité et autonomie fourragère

Le premier bénéfice est un foin plus riche : feuilles conservées, moins de moisissures, valeur alimentaire (UF et protéines) mieux préservée. Le second, plus stratégique, est l'autonomie : un fourrage de meilleure valeur réduit le recours aux concentrés et correcteurs azotés achetés. Sur une exploitation d'élevage, chaque point de protéines gardé dans le foin, c'est de l'aliment acheté en moins. Cette logique du séchage doux et ventilé vaut d'ailleurs bien au-delà du fourrage : les cultures les plus sensibles à la chaleur obéissent au même cahier des charges, détaillé dans le cahier séchoir solaire pour PPAM.

Ordres de grandeur (à titre indicatif)

Le séchage en grange permet de rentrer le fourrage à un taux d'humidité plus élevé qu'un foin de pré, puis de le finir à l'abri. Le gain de valeur alimentaire dépend de l'espèce, du stade de fauche et de la conduite — il ne se garantit pas dans l'absolu, il se constate exploitation par exploitation.

Repères indicatifs, variables selon la prairie (graminées, luzerne, trèfle), la météo et la conduite du séchoir (DGCCRF).

La fiche du kitRepères techniques

Pour dimensionner, on part de la surface de séchage à couvrir — de l'ordre de 1 500 m² au maximum pour un kit. Le fourrage, volumineux, demande souvent une surface de cellule importante ; le nombre de kits se cale sur les volumes annuels et la surface de grange disponible.

Puissance thermique
autour de 47 kW
Puissance photovoltaïque
autour de 36 kWc
Débit d'air
près de 5 700 m³ à l'heure
Température d'air chaud
de 25 à 40 °C
Surface de séchage couverte
1 500 m² au plus, par kit
Fluide caloporteur
eau glycolée
Pilotage à distance
WIFI / Ethernet / 4G

Côté certifications, le matériel coche les cases : panneaux hybrides IEC 61215 et IEC 61730, puissance thermique mesurée selon la norme ISO 9806, marquage CE, protection IP54, fabrication en usine certifiée ISO 9001.

SaisonnalitéLa fenaison, cœur de la campagne

Le séchage en grange suit le calendrier de la fenaison : la première coupe au printemps, puis les regains d'été et parfois d'automne. C'est justement la saison où l'ensoleillement est le plus fort — le solaire et le besoin coïncident. Le point délicat reste la première coupe, souvent contrariée par une météo instable : pouvoir rentrer entre deux averses et finir à l'abri change tout. Le reste de l'année, la cellule sert au stockage ; certains sites la mutualisent avec d'autres productions à sécher.

Et les jours couverts, en pleine fenaison ?

On compte en paliers d'humidité, jamais au chronomètre. Le soufflage régulé ne s'interrompt pas, et la version hybride y adjoint une chaudière d'appoint biomasse — nourrie au besoin des connexes de l'exploitation — qui maintient le séchage pendant une coupe pluvieuse.

Pour quiLes exploitations concernées

Le séchage solaire du foin en grange s'adresse d'abord aux élevages qui misent sur l'herbe et la qualité du fourrage :

La condition matérielle : une toiture pour les capteurs et un bâtiment abritant la cellule ventilée. La grange existante s'y prête souvent ; selon la configuration, la structure peut être intégrée au projet.

Côté financementLe CEE, un appui qui dé-risque

Le vrai levier reste la qualité du fourrage et l'autonomie gagnée. Le financement vient en appui : les séchoirs solaires des exploitations agricoles s'adossent à la fiche d'opération AGRI-EQ-110 des certificats d'économies d'énergie. Le montant, indexé sur la puissance thermique posée, peut alléger une large part du coût selon la configuration*. Et aucun dossier ne se valide sans la visite d'un organisme accrédité COFRAC — la garantie de sérieux du dispositif.

Estimez le gain sur votre fourrage

Surface de séchage, volumes de foin, toiture disponible, bâtiment existant : quelques éléments suffisent pour savoir si votre exploitation remplit les conditions et estimer le dimensionnement.

Voir aussi l'essentiel du séchage solaire des plantes et la page séchage de la lavande et des fleurs.

*Le niveau de prise en charge varie d'une configuration à l'autre et suppose de satisfaire aux critères d'éligibilité des CEE (fiche AGRI-EQ-110).