Thym · romarin · sarriette · sud méditerranéen
Sécher le thym et le romarin. Gardez le vert, gardez l'arôme.
Sur une aromatique, la couleur et les huiles essentielles font toute la valeur, et un séchage trop chaud ou en plein soleil, c'est du vert qui brunit et de l'arôme qui part avec l'eau. Un séchoir solaire conduit le séchage en douceur, sous 40 °C et à l'obscurité, pour retirer l'humidité sans toucher à ce qui se paie, pendant que le soleil remplace l'énergie achetée.
Le thym et le romarin sont des PPAM emblématiques du sud, où la couleur et les huiles essentielles décident du prix. Deux qualités fragiles : la chlorophylle brunit à la chaleur, les composés aromatiques sont volatils. C'est exactement pour cela qu'un séchage lent et maîtrisé vaut mieux qu'un passage rapide au four.
ComprendreCouleur et huiles essentielles : deux fragilités
Sur le thym, le romarin, la sarriette ou l'origan, l'acheteur juge d'abord la couleur (un vert franc, pas un brun-olive) puis l'arôme, porté par les huiles essentielles. Ces deux critères reposent sur des molécules fragiles.
- La couleur. Le vert vient de la chlorophylle. Sous une chaleur excessive, elle se transforme et la teinte vire au brun. Un séchage conduit sous 40 °C ralentit cette dégradation et garde un vert franc.
- Les huiles essentielles. Les arômes du thym (thymol) et du romarin sont portés par des composés volatils : plus l'air est chaud, plus ils s'évaporent en même temps que l'eau. Un séchage trop chaud fait littéralement partir l'arôme dans le séchoir.
- La lumière. Le soleil direct chauffe et éclaire à la fois : il accélère le brunissement et la perte d'arôme. On sèche donc à l'obscurité, avec un air chaud régulé.
Descendre en humidité assez vite pour écarter la moisissure, mais rester assez frais et à l'ombre pour ne pas dégrader la couleur ni chasser les huiles essentielles. Tout l'intérêt du procédé est là : de l'air tempéré (25 à 40 °C), en mouvement continu, dans l'obscurité.
« Un thym qui a viré au brun, on le vend au rabais. Le vert, c'est la première chose que le négociant regarde. »
Paroles de producteurs de PPAM du sud

Le procédéUn séchage doux, étape par étape
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Récolte et mise sur claies
Les branches sont disposées en couche régulière sur claies ventilées, sans tasser, pour que l'air circule uniformément. Une charge régulière donne un séchage homogène.
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Air chaud régulé, 25 à 40 °C
La chaleur solaire captée en toiture est transférée à l'air soufflé, maintenu en basse température. Pas de choc thermique : les huiles essentielles restent dans la feuille.
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Diffusion à l'obscurité
L'air traverse les claies à l'abri de la lumière : la condition pour garder le vert franc et retenir l'arôme.
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Descente suivie en points d'humidité
On suit la perte d'eau jusqu'au palier de matière sèche visé, autour de 10 à 12 %, sans surséchage qui rendrait la feuille poussiéreuse.
Les repèresPalier d'humidité, matière sèche et freinte
Sur les aromatiques feuillues, on raisonne en points d'humidité et en matière sèche, pas en heures. L'objectif est une feuille qui s'effeuille bien, se conserve et ne moisit pas, sans la dessécher au point de la rendre cassante et poussiéreuse.
On vise en général autour de 10 à 12 % d'humidité, avec une freinte de l'ordre de 4 à 5 kg de frais pour 1 kg de sec, soit un peu moins que sur les herbes tendres, du fait de la part de tige. On ne cherche pas la vitesse mais la régularité de la descente, à basse température et à l'obscurité.
Repères indicatifs, variables selon la variété, la maturité, la part de tige et la configuration du séchoir (DGCCRF).
La fiche du kitRepères techniques
Pour dimensionner, on part de la surface de séchage à couvrir : de l'ordre de 1 500 m² au maximum pour un kit. Une production de PPAM s'installe en général sur 1 à 2 kits selon les volumes, avec un pilotage à distance pour ajuster la conduite sans être en permanence sur place.
- Puissance thermique
- autour de 47 kW
- Puissance photovoltaïque
- autour de 36 kWc
- Débit d'air
- près de 5 700 m³ à l'heure
- Température d'air chaud
- de 25 à 40 °C
- Surface de séchage couverte
- 1 500 m² au plus, par kit
- Fluide caloporteur
- eau glycolée
- Pilotage à distance
- WIFI / Ethernet / 4G
Côté certifications, le matériel coche les cases : panneaux hybrides IEC 61215 et IEC 61730, puissance thermique mesurée selon la norme ISO 9806, marquage CE, protection IP54, fabrication en usine certifiée ISO 9001.
GéographieOù le thym et le romarin solaires ont du sens
Le thym et le romarin sont des cultures méditerranéennes : leur zone de prédilection est aussi celle où l'ensoleillement et le financement sont les plus favorables.
Départements du sud : Pyrénées-Orientales (66), Aude (11), Hérault (34), Gard (30), Bouches-du-Rhône (13), Var (83), Alpes-Maritimes (06) et Corse, ainsi que les DOM. C'est là que la culture des PPAM, l'ensoleillement et le modèle économique se rejoignent le mieux. Plus au nord, l'intérêt se juge culture par culture : une étude au cas par cas reste toujours possible.
Parlons franchementLes objections légitimes du producteur
« Le solaire va cuire mon thym »
C'est l'inverse. Le séchage se conduit à basse température, entre 25 et 40 °C, et à l'obscurité, précisément ce qui préserve la couleur et les huiles essentielles. On ne force jamais le séchage : on reproduit un séchage à l'air libre, en le pilotant.
« Et la nuit, et les jours couverts ? »
On compte en paliers d'humidité, jamais au chronomètre. Le soufflage, régulé nuit et jour, ne s'interrompt pas, et la version hybride y adjoint une chaudière d'appoint biomasse (nourrie au besoin des connexes de l'exploitation) qui maintient la descente quand l'ensoleillement faiblit.
« Ma récolte est hétérogène »
La diffusion sur claies ventilées vise un séchage homogène, et le pilotage à distance permet d'ajuster la conduite au produit et à sa charge en eau. Le réglage se cale sur votre production, pas l'inverse.
Côté financementLe CEE, un second rideau qui dé-risque
Le vrai levier reste la qualité produit et la marge. Le financement, lui, vient sécuriser la décision : les séchoirs solaires des exploitations agricoles s'adossent à la fiche d'opération AGRI-EQ-110 des certificats d'économies d'énergie. Le montant se cale sur la puissance thermique posée et, dans les zones les plus ensoleillées du sud, la prime peut effacer l'intégralité de la facture*. Avant validation, chaque installation reçoit la visite d'un organisme accrédité COFRAC. Le dispositif l'impose, et rien ne filtre mieux les offres fantaisistes.
Chiffrez le gain de qualité sur vos aromatiques
Cultures, surface de séchage, surface de toiture, séchoir existant : quelques éléments suffisent pour savoir si votre exploitation remplit les conditions et estimer le dimensionnement.
Courrier des lecteursQuestions fréquentes
Comment sécher le thym et le romarin sans perdre couleur ni arôme ?
En conduisant le séchage à basse température (25 à 40 °C), à l'obscurité et sur claies ventilées. Le vert vient de la chlorophylle, qui brunit à la chaleur ; les arômes sont portés par des huiles essentielles volatiles, qui s'évaporent d'autant plus vite que l'air est chaud. La basse température retire l'eau sans emporter l'arôme ni ternir la couleur.
À quel palier d'humidité sécher le thym et le romarin ?
À titre d'exemple, on vise autour de 10 à 12 % d'humidité sur ces aromatiques feuillues, palier auquel la plante s'effeuille bien, se conserve et ne moisit pas. Ce repère dépend de la variété, de la maturité et de la destination ; il se suit en points d'humidité, sans surséchage.
Quelle freinte attendre ?
De l'ordre de 4 à 5 kg de frais pour 1 kg de sec sur le thym et le romarin, un peu moins que sur les herbes tendres. C'est un repère d'exemple, variable selon la part de tige et l'état de la récolte. On retire l'eau nécessaire à la conservation, sans dessécher au-delà.
Pourquoi sécher à l'obscurité plutôt qu'au soleil direct ?
Le soleil direct chauffe et éclaire en même temps : la chlorophylle brunit et les huiles essentielles se volatilisent plus vite. Sécher à l'abri de la lumière, avec un air chaud régulé, garde un vert franc et retient l'arôme : la différence entre un lot premium et un lot déclassé.
Est-ce adapté au sud de la France ?
Oui, c'est sa zone de prédilection. Le thym et le romarin sont des cultures méditerranéennes (Pyrénées-Orientales et Aude, puis l'Hérault et le Gard, la Provence des Bouches-du-Rhône aux Alpes-Maritimes, Var compris, et la Corse), là où l'ensoleillement est généreux et où le financement CEE est le plus solide.
Voir aussi l'essentiel du séchage solaire des plantes et la page séchage de la lavande et des fleurs. Les consignes de température espèce par espèce, thym et origan compris, sont reprises sur le séchoir solaire conçu pour les PPAM.
*La couverture peut atteindre 100 % du coût sur l'offre standard uniquement, et à condition de satisfaire aux critères d'éligibilité des CEE (fiche AGRI-EQ-110).